Escapade en Dordogne

Pays des Bastides et des Cités Médiévales

Jeudi 21 Mai : Simone et Pierre Mansion présentent la sortie aux 28 équipages, moment qui sera suivi comme il se doit de l'apéritif dînatoire, au camping de Badefols/Dordogne au cours duquel le président de PGCA remis à André Le Goff la médaille des 50 ans de son apartenance au club en le remerciant pour les nombreuses sorties et nombreux voyages à l'étranger qu'il a organisé. Nous sommes installés au bord de la rivière Dordogne paisible et lumineuse juste troublée par les canards et leur nichée.
Dés le vendredi matin nous partons visiter un élevage d'oies et de canards : "Le Domaine de Barbe". Dans un site magnifique (chartreuse du 17ème siècle), le propriétaire nous trace l'histoire de son métier : élevage dans la pure tradition, moyens ultramodernes et commercialisation de multiples produits fabriqués sur place. Il sait nous déculpabiliser quant à la souffrance des animaux "gavés"... mais leur rêve de grand voyage s'arrête à l'abattoir... Nous oublions vite la fin tragique des volatiles puisque nous sommes conviés à une dégustation de pâtés et rillettes "maison"... succulents!
L'après-midi, nous partons pour Cadouin, un village musée à lui tout seul. Nous visitons le cloître (cloitre2) édifié à la fin du 15ème siècle dans un style gothique flamboyant (magnifiques chapiteaux et masques grimaçants). Cadouin doit sa célébrité au mystère du suaire (drap de lin ayant enveloppé la tête du christ). Dès 1117 l'abbaye s'enrichit de ce suaire... culte fervent, pèlerinages... Durant la guerre de cent ans, l'abbaye confie le suaire à Toulouse puis à Aubazine. En 1934 des experts concluent à la non-authenticité du suaire. Les bandes brodées portant des inscriptions arabes (11ème siècle).
Samedi 23 mai : Montpazier est une superbe "bastide" (ville neuve fortifiée du 13ème siècle) avec sa place entourée de cornières (galeries couvertes) ses vieilles maisons et son église. La ville forme un quadrilatère, les rues sont rectilignes et les maisons sont toutes de mêmes dimensions, séparées les unes des autres par d'étroits intervalles "andones" ... magnifique!
L'après-midi, nous visitons le château de Biron : fief de la famille Gontaut-Biron pendant 8 siècles. Ensemble monumental, compliqué... château d'apparat actuellement entretenu par le département, il accueille de grands cinéastes.
Dimanche 24 mai : En début de matinée, nous sommes accueillis par la baronne de Gourgere au château de Lanquais. C'est un château-fort accolé à un palais renaissance construit par les bâtisseurs du Louvre. Les appartements, sont meublés (Louis XIII) et décorés de somptueuses cheminées en pierres sculptées. La salle à manger (toile de Jouy), les cuisines (moyen-age et renaissance ) sont particulièrement intéressantes. Nous sommes autorisés à déjeuner dans le parc du château.
L'après-midi nous trouvons un peu de fraîcheur au moulin de la Rouzique (16ème siècle). C'est un site magnifique où naissent des feuilles de papier. Elles sont fabriquées à la main selon les méthodes du moyen-age: pâte à papier à base de fibres, formes (velin ou vergé) presse, séchage. Tout nous est expliqué. La production a cessé en 1989 et le moulin survit grâce à une association.
Lundi 25 mai : Matinée libre, certains d'entre nous sommes allés voir le panorama offert par le cingle de Trémolat (boucle presque parfaite de la Dordogne).
L'après-midi en route pour Limeuil, village médiéval situé au confluent de la Dordogne et de la Vézère et nous accédons au parc panoramique crée par M.Linares : jardin à l'envers, jardin d'eau, jardin des essences servant aux teintures, sentiers des paysages, espace vannerie en particulier (le "Bouyricou" est le panier du Périgord).
En soirée, après les délicieux pains dorés de Marie-Thérèse, c'est le concours de belote.
Mardi 26 mai : C'est la journée de l'artisanat et du terroir. Blanche, blonde ou brune, ce sont les bières de "La Lutine"; "Blanche" parce que fabriquée à partir de blé, les autres ont pour point de départ l'orge grillé ou fumé, de toute façon fermenté puis distillé. On ajoute du houblon pour lui donner de l'amertume et tout se termine par une dégustation!
L'après-midi, nous allons à Mortemart dans un élevage de sangliers. Nous arrivons à 15 heures précise au moment de l'alimentation des animaux. Cinq cents bêtes réparties en "compagnies" sur 40Ha, les mâles, les laies et les marcassins dans leur belle robe de camouflage rayée(camaïeu de beige et marron). Comme sur le domaine de Barbe (oies et canards) l'éleveur insiste beaucoup sur le stress des animaux qui peut largement influer sur le goût de la viande au niveau du produit fini, et c'est encore une dégustation!
Mercredi 27 mai : C'est la découverte des grottes de Maxange (du nom de ses deux découvreurs : Maximilien et Angel Caballero), ouvertes au public en 2000 et 2003. La profusion, la variété et la qualité des cristallisations en font une grotte exceptionnelle. Les plafonds sont constellés de "Concrétions excentriques" qui défient les lois de la pesanteur, elles fusent dans tous les sens, créant des étoiles. A voir vraiment : téléphone 05.53.23.48.80 à Le Buisson de Cadouin (24).
L'après-midi, c'est le traditionnel concours de boules (24 participants). Nous terminons la journée au château de Tiregand, le plus ancien vignoble de Bergerac et sommes reçus par François-Xavier de Saint Exupéry (famille de l'aviateur) qui nous raconte avec compétence et passion la culture de la vigne et l'élevage de ses vins de PECHARMANT. C'est une propriété de 43 Ha (production annuelle de 5000 bouteilles); le terrain : des graves, les cépages : merlot, cabernet, sauvignon; les chais avec leurs beaux tonneaux de chêne. Un très beau domaine, une fois de plus on satisfait nos papilles !
Jeudi 28 mai : C'est la visite guidée de la cité médiévale d'Issigeac Construite sur une villa gallo-romaine, elle trouva une extension grâce à Saint Cybard puis à l'ordre de Saint Benoît. Les habitants se groupaient autour de l'abbaye d'où sa forme arrondie, ce n'est pas une ville nouvelle (une bastide) mais elle se mit sous la protection des anglais puis sous celle du Roi de France. En se promenant au coeur du labyrinthe, on aperçoit quelques pans de l'enceinte circulaire et des traces de douves. On découvre de nombreuses maisons à pans de bois, certains avec "mirandes" (galeries de bois) ou ponts reliant deux maisons. Issigeac aurait elle son pont des soupirs ? Quelques belles images : la maison des têtes (pan de bois sculptés), le palais des évêques de Sarlat, l'église Saint Félicien.
En début d'après-midi, nous levons le camp pour Bergerac et son camping en bord de rivière; puis ce sont les résultats des différents concours : boules, belote, énigmes et la remise des prix !
Vendredi 29 mai : Dès le matin nous visitons Bergerac, au coeur du Périgord Pourpre. Le site est habité dès la préhistoire, mais la ville débute au 11ème siècle autour du vieux pont et du château des comtes du Périgord, tous les deux détruits par les crues de la rivière Dordogne. Les Franciscains s'installent ensuite à Bergerac (couvent des Récollets) puis les protestants et les guerres religieuses, les dominations anglaise et française. La ville tient sa richesse du terroir (aujourd'hui 13 AOC) et de sa rivière qui grâce aux gabares transportait le vin jusqu'à Bordeaux. Nous cheminons sur les pavés de la vieille ville à la rencontre de Cyrano de Bergerac et terminons notre matinée
au couvent des Recollet pour une dégustation de vin.
Le repas se fait au restaurant "La Gabare" sur le port de Cadouin (Menu : Salade de gésiers, Magret de canard et ses patates salardaises, Gâteaux variés),
suivi d'une ballade en gabare sur la Dordogne. Actuellement la rivière n'est plus utilisée pour le commerce, c'est l'une des plus propres d'Europe (réserve ornithologique). Le tourisme prend une large place dans la région. Après cette ballade rafraîchissante c'est la visite du musée du tabac, plante médicinale avant plante de plaisir, elle apaisait les migraines de Catherine de Médicis. Le musée présente de très beaux objets : pipes, tabatières, tableaux sur le thème du tabac et nombreux panneaux retraçant l'histoire du tabac.
Tout a une fin ! c'est le pot d'au revoir.
Nous avons fait provisions d'images très colorées et gourmandes, nous avons enrichi nos connaissances, merci à Monette et à Pierre de nous avoir conduits sur ce Périgord Pourpre qui offre de multiples richesses.

      Nicole Redheuil