En avant pour l’Ariège
Organisateurs : F & D Buisson et M.C & M Bastel
du 22 au 30 juin 2019
Le samedi 22 juin 2019, nous sommes accueillis au camping « les Mijeannes » à Rieux de Pelleport au nord de Foix.
Ariège : département peu peuplé 152340 habitants, c’est à peu près la moitié de la population de Toulouse et la préfecture est Foix, petite préfecture de 9406 habitants.
Ariège : c’est aussi une rivière qui suit une vallée glaciaire dont les escarpements sont criblés de grottes… Justement, nous allons percer les secrets de quelques grottes et nous intéresser à la vie de nos lointains ancêtres.
La grotte de Niaux : le parcours étant long et accidenté, seule une poignée d’aventuriers visiteront la grotte! Elle se compose de vastes salles et de longs couloirs qui, à 800 mètres de l’entrée conduisent au « salon noir » , grande rotonde naturelle dont les parois sont ornées de bisons, chevaux, bouquetins, cerfs et poissons. Nos ancêtres, les magdaléniens « 16000 ans avant JC » ont dessiné les animaux avec du charbon et peint avec du manganèse. Leur facture, leur finesse, leur modernité témoignent d’une maîtrise exceptionnelle.
La grotte du mas d’Azil. (photos interdites)
De nombreux vestiges d’animaux préhistoriques conservés dans la grotte indiquent que des animaux ont vécu ici avant les hommes (ours des cavernes, mammouth laineux rhinocéros laineux) cette grotte est certainement l’un des sites français les plus anciens qu’homo sapiens ait fréquenté (35000 à 30000 avant J.-C.).
De nombreux couloirs et escaliers nous permettront de visiter différentes salles mais les galeries ornées sont hélas, fermées à la visite.
Le centre d’interprétation puis le musée nous permettront d’observer les objets confectionnés par les magdaléniens ; outils, bijoux, ou armes de chasse comme le propulseur dit « du faon aux oiseaux ».
Cette baguette en bois de renne munie d’un crochet permettait d’atteindre les animaux à plusieurs dizaines de mètres de distance.
La rivière souterraine de Labouiche.
Nous montons dans des barques de 12 personnes. Un parcours de 1,5km à 70 mètres sous terre dans des galeries hautes ou surbaissées nous permet d’admirer les stalactites et les stalagmites. Notre imagination travaille : bêtes chimériques, fleurs étranges, décors grandioses !
La visite de l’église demi-rupestre de Vals va nous permettre de sortir de la préhistoire pour entrer au Moyen Age.
Le rocher de « Poudingue » fût occupé de l’âge du bronze (2500 avant J.-C) au Moyen Age. Un escalier creusé dans un boyau rocheux nous permet d’atteindre l’église du 11e siècle. L’abside abrite des fresques du 12e siècle. (fresque : on applique sur un enduit de chaux humide des pigments mélangés à de l’eau. Lors du séchage, ils se trouvent fixés par réaction chimique).
Les fresques représentent la vie du Christ : le dessin au trait, les personnages aux grands yeux en amande, l’influence byzantine sont à remarquer.
Au dessus, on peut voir la chapelle romane terminée au 14e siècle. Du sommet de la tour, un panorama grandiose couvrant toutes les Pyrénées ariégeoises s’offre à nous.
Nous visitons aussi des cités médiévales.
Celle de Foix.
Du château comtal, en aplomb au dessus de la ville subsistent 3 tours.
Amélie, notre guide, nous fait découvrir les différents quartiers de la ville : les places aux grains, au beurre, aux pommes de terre (place Parmentier) , l’abbatiale Saint Volusien, les maisons à colombages et « les chambres volantes » qui font penser au pont des soupirs, mais nous ne sommes pas à Venise !
Celle de Saint Lizier.
Elle aurait été fondée par Pompée ! La ville haute est enserrée dans des remparts romains des 3e et 4e siècles. Nous visitons la cathédrale Saint Lizier et son cloître . La construction de la cathédrale s’est échelonnée du 10e au 15e siècle. Le chœur présente de magnifiques fresques du 11e siècle : la vie de Marie et les apôtres ( c’est la même facture que celle de l’église rupestre de Vals).
Le cloître roman date du 12e siècle. Les chapiteaux sculptés tous différents sont remarquables (éléments floraux ou géométriques, animaux, personnages). Le trésor contient le buste reliquaire de Saint Lizier en argent (16e siècle) et de nombreux objets d’église.
A l’Hôtel Dieu, a été conservée la pharmacie du 18e siècle : magnifiques vitrines en bois fruitier qui contiennent des pots en faïence bleue ou polychrome, des outils de chirurgie et une table d’opération ! La visite guidée se termine par le palais des évêques (17e siècle) et la cathédrale Notre Dame de la Sède. Des peintures murales monumentales (16e siècle) présentant sibylles et patriarches ornent l’ensemble des voûtes et des murs. Les boiseries de chêne cachent des trésors : colonnes et chapiteaux de l’église précédente ainsi qu’une peinture très délicate qui garde encore son mystère .
Avec les bastides nous découvrons l’architecture civile : ce sont des villes nouvelles voulues par de puissants seigneurs afin d’étendre leur influence politique.
Celle de Mirepoix.
Une inondation emporta la ville médiévale et c’est le duc Jean , fils de Guy de Lévis qui fit construire la bastide à la fin du 13e siècle. Elle s’organise autour d’une place centrale réservée aux marchés. Les « couverts » en charpente s’avancent largement sur les rues, presqu’à se toucher. Nous remarquons en particulier la maison des consuls avec ses têtes sculptées.
La cathédrale se situe à proximité des couverts. Les différentes maquettes nous indiquent qu’il a fallu 5 siècles pour l’achever (1343-1865). La nef unique flanquée de chapelles est impressionnante.
Nous nous arrêtons aussi à la bastide de Sérou.
Son plan est rectangulaire, les rues se croisent à angle droit et on peut observer des portails datés du 18e siècle. Elle aussi est organisée autour d’une place centrale avec sa halle en pierres et son église à nef unique (gothique méridional). A l’intérieur nous avons pu admirer un émouvant Christ rhénan en bois du 15e siècle.
Nous quittons le Moyen Age et la Renaissance pour un saut dans le temps plus proche de nous, nous voici aux forges de Pyrène, à Montgaillard près de Foix, au siècle dernier. Nous ferons une page d’écriture à l’école 1900 puis verrons la forge à martinet (gros marteau de forge actionné par un moulin à eau), le maître verrier, le forgeron du village, le vannier ainsi qu’un très beau musée des arts et traditions populaires.
Le siècle dernier, c’est aussi la deuxième guerre mondiale : le centre d’histoire de la Résistance et de la déportation, à Varilhes ravivera notre mémoire. La visite commence par un exposé sur ce que fût la RETIRADA : les réfugiés républicains espagnols qui fuient le régime de Franco juste avant la deuxième guerre mondiale. L’Ariège proche de l’Espagne a accueilli 300000 espagnols !
La résistance ariégeoise a connu bien des visages : nourriture apportée aux clandestins, tracts « les papillons », et journaux distribués dans les boîtes aux lettres, passage à travers les Pyrénées… de 1941 à 1945 le château de la Hille a abrité une colonie d’enfants juifs sous la protection de la croix rouge suisse . Les commentaires très fournis du guide et l’exposition nous ont permis de comprendre l’histoire de l’Ariège pendant la deuxième guerre mondiale .
L’actualité terminera notre cheminement par la carrière de talc de Luzenac exploitée dès la fin du 19e siècle. Un bus nous grimpe jusqu’au sommet de Trimous situé à 1800 mètres d’altitude. Le gisement de talc est le plus important exploité dans le monde (10 % de la production mondiale). Du sommet nous découvrons des vues surprenantes sur le large filon blanc. Les déchets sont versés sur l’autre côté de la montagne, sous forme de terrasses arborées ; ainsi la montagne est remodelée !
Le talc est trié puis descendu dans des godets jusqu’à l’imposante usine où il est séché puis concassé et conditionné . Il faut 10kg de pierres brutes pour faire 1 kg de talc. Celui-ci a de très nombreuses applications puisqu’il a la propriété de ne pas retenir l’eau (pharmacie , cosmétique, pâte à papier, matière plastique, alimentation, jardinage…) .
Notre séjour en Ariège s’est terminé le samedi 29 juin par un repas très convivial au camping d’Audinac, malgré les fortes chaleurs du moment.
Nous remercions les équipages BUISSON et BASTEL qui ont su, par les sites choisis, nous faire apprécier ce département si riche et si varié.
Nicole Redheuil













































